
Texte d’Isabelle Battarel, membre du Club de la Presse Méditerranée 06, responsable des relation média et chargée de mission événementiel au CHU de Nice
« À chaque commémoration reviennent les mêmes images, les mêmes visages, les mêmes souvenirs. Ils rappellent avant tout les victimes, leurs proches, ainsi que l’engagement exemplaire des secours, des soignants, des forces de sécurité et de l’ensemble des acteurs mobilisés cette nuit-là.
Mais derrière cette mobilisation exceptionnelle existait une autre chaîne, plus discrète, rarement mise en lumière, mais pourtant essentielle : celle de l’information.
Car lorsqu’une société est frappée par une tragédie, informer devient une mission d’intérêt général.
Le 14 juillet 2016, des journalistes, photographes, reporters d’images, cameramen, correspondants et techniciens sont partis sur le terrain sans savoir ce qu’ils allaient découvrir. En quelques instants, ils se sont retrouvés confrontés à une réalité d’une violence extrême. Aucun métier ne prépare réellement à vivre de telles scènes.
Pourtant, ils ont continué.
- Observer.
- Vérifier.
- Témoigner.
- Informer.
Parce que leur responsabilité était immense : raconter les faits avec exactitude, lutter contre les rumeurs, apporter des repères à une population sous le choc et permettre au monde entier de comprendre ce qui se déroulait à Nice.
En quelques heures, notre territoire est devenu le centre de l’attention internationale. Les plus grandes agences de presse, les chaînes de télévision, les radios, les journaux et les médias numériques du monde entier se sont tournés vers Nice pour comprendre l’ampleur de la tragédie.
Au même moment, au CHU de Nice dans les établissements de santé, à la Préfecture des Alpes-Maritimes et au sein des institutions publiques mobilisées, les équipes de communication entraient elles aussi en cellule de crise.
Leur mission allait bien au-delà de la rédaction d’un communiqué.
Il fallait coordonner les informations officielles, répondre à un flux inédit de sollicitations venues de France et de l’étranger, organiser les prises de parole, diffuser les informations utiles à la population, accompagner les dispositifs mis en place pour les victimes et leurs proches, lutter contre les fausses informations et maintenir un lien permanent entre les institutions, les médias et les citoyens.
Chaque information communiquée depuis Nice pouvait être reprise quelques minutes plus tard dans le monde entier.
Chaque mot comptait.
Chaque information devait être vérifiée.
En communication de crise, le premier réflexe n’est pas de parler.
C’est de vérifier.
Le deuxième est de coordonner.
Le troisième seulement est de communiquer.
Cette chaîne de confiance n’aurait pas pu fonctionner sans la complémentarité de deux métiers.
Les journalistes avaient besoin d’informations fiables pour exercer leur mission.
Les communicants des institutions publiques avaient besoin de journalistes capables de transmettre une information juste, vérifiée et responsable.
Cette relation de confiance, a constitué l’un des maillons essentiels de la gestion de crise.
Les images qui accompagnent aujourd’hui les commémorations, les documentaires, les ouvrages et les reportages consacrés au 14 juillet sont celles réalisées par ces professionnels de l’information.
Ces photographies, ces vidéos, ces témoignages et ces récits sont devenus une partie de notre mémoire collective.
Le Club de la Presse Méditerranée 06 réunit précisément ces femmes et ces hommes.
Journalistes de presse écrite, radio, télévision et médias numériques, photographes, reporters d’images, correspondants, attachés de presse, responsables de communication des institutions publiques, des établissements de santé, des collectivités et de nombreuses organisations.
Des métiers différents.
Une même exigence.
Servir le droit à une information libre, fiable et responsable.
Dix ans plus tard, cette mission se poursuit.
Les journalistes continuent de raconter les parcours des victimes, de leurs familles, des professionnels mobilisés, des chercheurs, des médecins, des magistrats, des associations et de tous ceux qui, depuis cette nuit tragique, contribuent à reconstruire, comprendre et transmettre.
Les communicants poursuivent eux aussi leur engagement en accompagnant les institutions, en expliquant les évolutions, en valorisant les avancées, en facilitant l’accès à l’information et en maintenant ce lien indispensable entre les acteurs publics, les médias et les citoyens.
Informer ne s’arrête pas lorsque l’urgence est passée.
Informer, c’est aussi accompagner la reconstruction, transmettre la mémoire et permettre aux générations futures de comprendre ce que notre territoire a traversé.
À l’occasion des dix ans de l’attentat du 14 juillet, le Club de la Presse Méditerranée 06 rend hommage à l’ensemble des professionnels de l’information et de la communication qui, chacun dans leur rôle, ont exercé leur mission avec professionnalisme, sang-froid, indépendance et humanité.
Parce qu’une démocratie se construit grâce à celles et ceux qui protègent, soignent et secourent.
Mais aussi grâce à celles et ceux qui informent.
Parce qu’informer n’est pas seulement raconter l’Histoire.
C’est contribuer à la préserver. »





