Jean Auguste Icart n’est pas dans l’air du temps. Sa disparition à l’âge de 78 ans, le 23 avril, n’a pas été très médiatisée. Pourtant, il a joué un rôle-clé – parfois en coulisses -, dans l’histoire économique et politique des Alpes-Maritimes, n’en déplaise à ses détracteurs !
Amoureux de Nice
Il est issu d’une famille authentiquement niçoise. Son grand-père Auguste fut adjoint au maire de Nice Jean Médecin. Son père Fernand fut ministre de l’Équipement et de l’Aménagement du Territoire sous Valéry Giscard d’Estaing. En 1973, à 26 ans, il reprend les rênes de la petite entreprise familiale. La PME devient la 5e en France dans le génie climatique. Attaché viscéralement à Nice, il décide de mettre son expérience au service des Niçois.
Jean Icart dérange
Il est conseiller général des Alpes-Maritimes, conseiller municipal de Nice puis conseiller métropolitain Nice Côte d’Azur. Seulement, Jean Icart dérange. On le lui a dit. Il s’est entêté. Alors on le lui a fait payer, et on a tenté de le ruiner. Pendant vingt ans, il a été escroqué, spolié, diffamé. On a voulu le discréditer, le décourager, l’exclure. Mais il a tenu bon. Il a continué le combat jusqu’à son dernier souffle. Il est mort brutalement. On peut penser qu’il a été épuisé par cette lutte à armes inégales. Mais surtout le courage de Jean Icart est une leçon assénée aux affairistes de tout poil qui n’ont pas cessé de le dénigrer.
« La Croix dans le dos »
Dans son livre « La Croix dans le dos, un entrepreneur dans le cyclone des réseaux » paru en 2013 aux éditions Le Spot Info, Jean Icart revient sur ces hommes qui manoeuvrent dans l’ombre au gré de leurs intérêts et manipulent la République, tandis que la justice reste le plus souvent inerte, manquant d’indépendance. Un magistrat en revanche a soutenu Jean Icart : Jean-Pierre Murciano, à Grasse, qui a instruit la plainte pénale déposée par Jean Icart en 1996. En septembre 2000, le juge Murciano met en examen un grand cabinet de conseil pour complicité d’escroquerie.
Jean Auguste Icart ne s’est pas battu pour rien. Dans un univers médiatique nourrit par les fake news des réseaux sociaux, il est salutaire que des idéalistes comme lui résistent. Son engagement mérite le respect et l’hommage du Club de la Presse 06.
Paul Barelli, vice-président du CPM 06. Ex-correspondant du Monde et de RMC dans les Alpes-Maritimes.






