
Médias Com'06
+ d'infos
Commander l'annuaire médias communication dans les Alpes-Maritimes
Le Club
Organisez vos rencontres professionnelles au Club de la Presse : réunions, interviews, petits-déjeuners, conférences de presse...
lire la suite
Intermed
N°61 juin 2010
Edito | Les brèves | A la Une | Focus Partenaire | Focus Media | Focus Méditerranée

"Un bon dessin vaut mieux qu’un long discours", dit-on. Le dossier d’Intermed consacré au dessin de Presse vient le rappeler. Au-delà des plans, diagrammes et croquis, nécessaires mais sans âme, nous avons voulu rendre hommage à ceux qui nous permettent, avec l’humour en prime, de comprendre un problème ou d’appréhender une situation d’un seul coup d’œil. De la même façon, on peut distinguer la photo de "constat" que l’on commente par une légende et celle qui permet grâce à l’œil aiguisé du photographe, à son analyse et à la dimension humaine qu’il y introduit, de la situer immédiatement dans tout son contexte. Dessinateurs de Presse et photographes de Presse sont titulaires de la carte de Journalistes professionnels et ce sont toujours des "Signatures".
Philippe Tallois, président
Afrique-France : RSF dénonce les silences sur la liberté de la presse
Reporter sans frontières (RSF), lors du sommet Afrique-France à Nice, a déploré les « silences » de la France en matière de liberté de la presse. Lors d’une conférence de presse dans les locaux du CPM06, RSF a regretté que « les choses n'aient pas été dites », en matière de liberté de la presse, par le chef de l'Etat français à certains de ses hôtes africains. Ambroise Pierre, chercheur responsable du bureau Afrique de l'association, a estimé qu'il y avait eu au sommet plusieurs « présences dérangeantes ». Il a cité celle de Mohammed Atta al-Moula, chef des services de renseignement et de sécurité du Soudan, où quatre journalistes du journal d'opposition Raï al-Chaab ont été, selon lui, « torturés » après leur arrestation en mai. Il a aussi mentionné celle du président de l'Erythrée, Assias Afeworki, dont le pays se situe à la dernière place du classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2009, car il n'y existe « plus aucun média privé » et qu'une « trentaine de journalistes » y sont emprisonnés, un « record » en Afrique. Web: www.rsf.org - Twitter: RSF_RWB
Nice-Matin : un avenir incertain
Les salariés de Nice-Matin restent mobilisés. Ils ont accueilli avec satisfaction, le 25 mai, la décision du groupe Hersant Media (GHM) de ne pas vendre le siège, route de Grenoble, estimé à 22 millions d’euros. En revanche, GHM cherche toujours à trouver des fonds pour combler l’endettement du groupe (215 millions d’euros). Un projet d’acquisition des murs du siège par les salariés était toujours envisagé mi-juin. La vente serait réservée exclusivement à une SCMO, Société coopérative de main d'œuvre, représentant les salariés du groupe Nice-Matin. Cependant, Le Groupe Hersant Media pourrait reprendre l'examen d'autres propositions si l'affaire ne se concluait pas avec les salariés.
Le Guide Hubert… signé Bernard
Le Guide Hubert 2010 vient de sortir pour conseiller ses fidèles (c’est sa 32e édition) gastronomes, ou tout simplement gourmands, dans tout le Grand sud. Son grand ordonnateur, Bernard Van de Kerckhove, membre du CPM06, en a fait la présentation chez Christian Morisset, le grand chef du Figuier Saint-Esprit sur les remparts d’Antibes. Les 2 300 adresses du guide se répartissent entre la haute gastronomie symbolisée par des assiettes, et la cuisine de tradition et de terroir symbolisée par des marmites. La "notation" s’étage de 1 à 4 mais Bernard, qui pour Hubert teste lui-même les nouveautés, préfère parler d’appréciation globale. On ne trouve pas de critiques négatives. Si c’est mauvais, ça n’est pas dans le Guide, c’est tout. Comme le Grand sud, c’est vaste, il ne peut être partout, et ce sont des correspondants de confiance qui assurent le suivi des tables déjà répertoriées.Quelques bistrots parisiens de grands chefs figurent dans ce guide comprenant un épais cahier des vins référencés par l’ancien rédacteur en chef du Guide Hubert et œnologue, Pierre Casamayor. Guide Hubert, 464 pages en quadrichromie, 18 €
Jacques Gantié ou l’art de nous mettre appétit
Au restaurant, il nous permet d’éviter toute cuisine approximative, c’est pourquoi Jacques Gantié, membre du CPM06, et son célébrissime guide du même nom s’apparente à une bible. Que ce soit dans un décor design, une guinguette ou un resto classieux, on peut faire confiance au maestro journaliste culinaire niçois qui a l’art et la manière de recenser tout ce que les bonnes tables de la région comptent comme cuisine haut de gamme, riche en saveurs. Au total, le guide Gantié 2010 renferme 800 adresses et 500 produits gourmands. La 19e édition a été présentée à quelque 900 convives le 30 mai dernier, dans le cadre prestigieux de la Villa Archange au Cannet où officie Bruno Oger. Guide Gantié aux éditions ROM, 22 €
Parution du Petit Futé Côte d’Azur et du Cityguide Nice
Le Petit Futé Côte d’Azur-Monaco-Alpes du Sud est sorti, avec un nouveau concept pratique et efficace en 3 parties et de nouveaux pictogrammes : l’Invitation au voyage, De lieux en lieux et la Région pratique. Il comprend, en plus, des focus, des encadrés et des coups de projecteur, mais aussi différentes rubriques : Nature ; Histoire et patrimoine ; Le département gourmand et ses1001 délices ; Les loisirs ; Festivals et manifestations. Parallèlement sort le Cityguide du Petit Futé consacré à Nice. Au programme : les "futé(s)" et les "pas futé(s)". Restaurants ou lieux d’hébergement, commerces, adresses shopping, loisirs ou sorties en ville : cette année, ils ont redoublé d’efforts pour satisfaire leurs clients, ou se sont un peu trop laissés aller. Service de qualité ou prestations en baisse, le Petit Futé mène l’enquête... et révèle son palmarès ! Nouvelles adresses de qualité, personnalités de l’année, projets en cours ou juste achevés figurent dans les Nouveautés de l’année. Gages du dynamisme et de l’accueil de la ville, ce sont les acteurs-clés de l’actualité et des dernières tendances. En prime : un plan du centre-ville en 3e de couverture (avec rabat) avec un index des rues. www.petitfute.com Petit Futé Côte d’Azur, 2010-2011, Collection Région - Prix public : 9,95 €. - Petit Futé Nice 2010-2011, Collection City-Guides - Prix public : 6,95 €
Elif Kayi remporte le Prix de la Parole libre
Lors de l'édition 2010 des Journées du grand reportage, organisées par le Club de la Presse de Marseille Provence du 17 au 19 juin, Elif Kayi, membre du CPM06, a reçu le Prix de la Parole libre (catégorie Internet) pour un article publié le 28 février 2009 dans le quotidien allemand Berliner Zeitung, et traitant de la question du service militaire et de l'objection de conscience en Turquie : “Tout turc ne nait pas soldat”. Version originale au lien suivant : http://www.berlinonline.de/berliner-zeitung/archiv/.bin/dump.fcgi/2009/0228/horizonte/0041/index.html - Pour lire la traduction française : cliquer ici.
linvito.eu, un webzine européen !
Shawn Manroubia est directeur de la publication et rédacteur en chef du webzine linvito.eu, qui a choisi une extension européenne ! Depuis le mois de septembre 2009, et avec 3 000 lecteurs par mois, ce site relate les événements du département des Alpes-Maritimes dans les domaines économique, politique, culturel et activités des associations. Le tout pour une clientèle internationale. www.linvito.eu
Nouveau quotidien d'informations en ligne de Monaco en italien
Montecarlonews.it est la dernière initiative éditoriale de l’agence Liguriacom, dirigée par l’entrepreneur de Cuneo Enrico Anghilante. Liguriacom a déjà obtenu un large succès en Italie grâce aux magazines d’actualités locales en ligne sanremonews.it (pour la province de Imperia), savonanews.it (pour la province de Savone) targatocn.it (pour la province de Cuneo). La version bêta de montecarlonews.it, déjà en ligne depuis environ six mois, laisse sa place à la version définitive. Sara Contestabile, jeune journaliste italienne et ancienne collaboratrice de sanremonews.it, est responsable de la rédaction. Les actualités du quotidien comprennent les faits divers, l'économie, la politique, le sport, la mode, la culture et le temps libre, en ce qui concerne la vie de la Principauté de Monaco. D’autres sections sont spécialement dédiées aux actualités de Nice et des Alpes-Maritimes. www.montecarlonews.it
A la Une : Dessinateurs de presse : l’info au bout du crayon
Elections politiques, attentats, guerres, justice, "affaires", questions de société… Rien n’échappe au dessinateur de presse, qui présente l’actualité avec humour et distanciation. Zoom sur deux d’entre eux, qui officient dans notre région.
Il peut se fixer comme mission de faire ressortir le grotesque ou le ridicule d’une situation ou d’un événement. Au-delà de son ingéniosité à teinter d’apparente légèreté la gravité de certains faits d’actualité, son coup de crayon dessine d’abord et avant tout un espace de liberté. Qu’il soit chargé d’illustrer un article ou qu’il parte d’un événement brut, son objectif reste le même : porter un regard personnel, pédagogique et critique sur l’actualité. Plus qu’un observateur, le dessinateur de presse joue en fait le rôle d’un "révélateur social". Ses principaux atouts : un style reconnaissable entre tous et de la combativité à revendre. Ce qui ne le met pas à l’abri d’un risque de démagogie…
Il existe moins d’une centaine de dessinateurs de presse en France, dont une petite minorité jouit d’une notoriété certaine. Ils sont associés généralement à des journaux satiriques tels que le Canard enchaîné ou Charlie Hebdo ou à des grands quotidiens nationaux (Le Monde, Le Figaro) ou régionaux.
A condition d’être reconnu en tant que "reporter-dessinateur" par la Commission de la carte de presse, il a le statut de journaliste à part entière : « Sont assimilés aux journalistes professionnels les
collaborateurs directs de la rédaction, rédacteurs-traducteurs, sténographes-rédacteurs, rédacteurs-réviseurs, reporters-dessinateurs, reporters-photographes, à l’exclusion des agents de publicité et de tous ceux qui n’apportent, à un titre quelconque, qu’une collaboration occasionnelle. » (Code du travail, article L. 7111-4, ordonnance du 12 mars 2007).
Son champ d’activités est large : le dessinateur de presse peut être politique, d’actualité, humoriste, caricaturiste, portraitiste chargé des théâtres et cabarets, du music-hall et de la télévision, du cinéma, du sport et événements mondains, reporter sur les terres lointaines, croquiste de mœurs, croquiste d’audience, etc. Ou passer d’une activité à l’autre !
Ollivier Lagrange, la passion du dessin de presse
Créateur de l’école de la BD Méditerranice* en 2008, Ollivier Lagrange est illustrateur de formation et dirige actuellement une agence de communication qui édite le guide Circuler en pays Niçois, incitant à la découverte des 100 communes de ce Pays. « J’ai été confronté au peu de cas que l’on fait à l’industrie graphique, constate-t-il. Or, il existe un réel besoin de créer des BD. Cependant, il est difficile de trouver des énergies. Le but de l’école est de fédérer ces énergies, d’animer des événements et de former des dessinateurs. » Depuis le mois d’octobre 2008, en partenariat avec le Muséaav, place Garibaldi, Méditerranice dispense des cours de BD tous les mercredis après-midi : atelier d’écriture, dessin académique, colorisation, découpage… Toutes les étapes de la fabrication d’une BD sont abordées avec un seul impératif : permettre à la personnalité de l’auteur de s’exprimer dans la plénitude de ses moyens. « Cette école est une belle aventure. Nous avons une douzaine d’élèves et avons mis en place des systèmes de tutorat. » Mais la passion d’Ollivier Lagrange, c’est aussi le dessin de presse. « La communication à outrance peut être nuisible, estime-t-il. Le dessin de presse a son rôle à jouer pour porter un regard critique, pas forcément acerbe. » Et comme disait Hergé : « On dessine pour son plaisir et pour faire plaisir aux autres. » Pour Ollivier Lagrange, c’est le but premier du dessin de presse. Et pour cela, il faut une vraie fibre humoristique.
Parmi ses projets, il souhaite créer un véritable festival du dessin de presse et de la caricature à Coaraze, sur les traces de Daumier. Dans ce contexte, il va lancer les Ateliers presse-citron : il s’agit d’organiser une fois par mois une réunion ludique dans chaque ville, en partenariat avec le CPM06. « Nous reprendrons un thème d’actualité locale ou nationale, explique-t-il. Le public est invité autour d’un atelier animé par un journaliste du CPM06. Il s’agit d’apporter un regard amusé sur cette actualité. Les personnes qui le souhaitent pourront s’exprimer autour d’un dessin de presse. Ils seront encadrés par des dessinateurs. Notre choix est d’éviter la vulgarité et la méchanceté gratuite. » A l’heure où nous écrivons ces lignes, une soirée sur le thème "Tous footeux" est en préparation.
* http://www.mediterranice.com
Kristian : Grand Reporter (d’images)
Les images de Kristian** reproduites depuis trente ans dans une cinquantaine de quotidiens, revues et magazines sont toutes de sa main mais ce sont des images d’actualité qu’il transpose en dessins, celles qui se sont imposées à lui et qu’il a interprétées pour mieux nous interpeller, pour nous aider à comprendre, avec humour car… mieux vaut en rire !
Kristian est dessinateur de presse depuis l’âge de vingt ans mais la vocation lui est venue à la lecture d’une certaine forme de presse, puisqu’il s’agit de l’Almanach Vermot. Il y en avait un placard dans la famille des Hautes-Alpes, à qui ses parents l’avaient confié de 3 à 6 ans à cause d’une santé fragile.
Kristian a dessiné pour l’Almanach Vermot, surtout par reconnaissance envers l’auteur de sa vocation, mais ses débuts, il les a fait au Dauphiné Libéré et depuis il a exercé son coup de crayon dans un grand nombre de quotidiens, parisiens comme Le Parisien ou France-Soir, et régionaux comme Nice-Matin. Bien au-delà encore, son humour a exercé sa contagion jusqu’à l’île de La Réunion, Tahiti, et il est fidèlement regardé chaque semaine par les 11 millions de lecteurs de Shincho au Japon. Preuve qu’un dessin peut tout dire à lui tout seul, car il n’y a pas de légende ni de bulle pour Shincho, hebdomadaire généraliste, avec une "ligne éditoriale" noire ou érotique pour le dessin.
Et si Kristian s’exporte, il a su également apporter un complément d’images à la télévision (TMC, France 3, M6), il s’expose dans la rue par voie d’affiches et a donné une troisième dimension à ses dessins, qui ont inspiré les chars du carnaval de Nice. .
**http://www.kristian-cartoon.com
Prochains événements : 20 sept au 5 octobre : Salon international du dessin de presse de Saint Just le Martel (dont Kristian a reçu le grand prix 2009) - 22 octobre au 10 novembre : Espace Kay – Tokyo, "Kristian au Shincho
Paul Barelli, Faustine Sappa et Philippe Tallois
Focus partenaire du Club : Beausoleil, au cœur de l’inspiration
Beausoleil attire... par son architecture Belle époque, son panorama depuis le Mont des Mules, son patrimoine artistique
et ses festivités.
Beausoleil s’est nourrie d’art et de culture depuis sa naissance au temps des prémices de l’Art moderne. Un siècle plus tard, le 5 juin dernier, la commune fêtait le bon temps, celui « de la Belle époque aux Années folles ». Comme un « voyage dans le temps » : les voitures anciennes défilaient, les peintres ont envahi les rues. En bons hôtes de fête, quelques festivaliers ont revêtu les costumes d’époque… Artistes, artisans, performers ont eux créé l’animation en compagnie de divers musiciens. Jazz, cabaret et atelier luthier s’ajoutaient pour l’immersion totale. Une mise en scène travaillée, à la fois originale, gratuite et conviviale à laquelle étaient invités les 15 000 habitants de la commune et tous ceux aux alentours. Beausoleil perpétue sa volonté de rendre la culture accessible à tous, et prévoit à venir tout au long de l’année, un certain nombre de manifestations artistiques et culturelles.
Architecture et patrimoine historique
A l’occasion de la "Folle journée Belle époque", le service municipal des archives exposait sur le thème : "De l’Eclectisme à l’Art déco, Beausoleil creuset artistique majeur." Au cœur de la Côte d’Azur - deuxième poumon artistique français après Paris - Beausoleil peut se féliciter de conserver un patrimoine de monuments historiques conçus, visités, voire peints par des artistes, comme le Riviera Palace. De nombreux artistes ont jonché le sol de Beausoleil. Chédanne, Apollinaire, Ferré, Gatti, et bien d’autres y ont laissé leur empreinte. Marquée dans tous les domaines artistiques, la ville est réputée pour être un exemple d’architecture Belle époque. Certains de l’Ecole de Nice se sont accordés à dire que « le soleil est source d’inspiration » et ce n’est pourtant pas de là que Beausoleil tient son nom !
Alexandra-Tany Dencausse
Focus média : Le Patriote, un hebdo résistant
Né de la Résistance communiste durant la Seconde Guerre mondiale, d’abord clandestin, Le Patriote est devenu officiel à la libération de Nice en septembre 1944. Ainsi, il est une publication des communistes des Alpes-Maritimes. Si ceux-ci sont restés l’éditeur du journal, il se veut aujourd’hui un autre regard sur la côte d’Azur et l’expression des forces progressistes, des combats sociaux, politiques et culturels dans un esprit citoyen et humaniste de résistance.
Quotidien jusqu’en 1967 avec des éditions à Cannes, Cagnes-sur-Mer, Menton, Monaco et Nice, c’est après quelques mois de non-parution que Le Patriote renait en octobre 1967 en tant qu’hebdomadaire. Un phénix de Picasso illustrera la première Une. Depuis, il parait tous les vendredis. Diffusé dans toutes les Alpes-Maritimes à 12 500 exemplaires, cet hebdo de 24 pages passe à 16 pages quand il propose des suppléments gratuits thématiques autour de la santé, du transport, de la culture, de l’environnement… Parmi les rubriques du journal, on compte également l’actualité sociale et politique, des pages mouvements proposant des réflexions et points de vue sur des faits d’actualité, de société, sur la politique internationale, ainsi que les pages culture et les rubriques hebdomadaires critique médias, critique ciné, idée rando’…
Quelques dessinateurs de presse comme Langouro ou Bauer officient dans ses pages. « La direction tenue par Jean-Paul Duparc est exercée dans le cadre du bénévolat, tout comme la gérance, précise Julien Camy, rédacteur en chef, entouré de deux journalistes salariés, Rafael Fardoulis et
Lidice Busot. Le Patriote ne pourrait exister sans les nombreuses et indispensables collaborations extérieures et bénévoles de nombreux journalistes et correspondants, que ce soit pour l’actualité culturelle, sociale, les chroniques médias ou encore les idées rando’. Qu’ils en soient remerciés ! ».
Un regard sur l’Art
Entre Le Patriote et l’Art, c’est une histoire d’amour qui dure depuis très longtemps. Georges Tabaraud, alors rédacteur en chef du journal, a dès les années cinquante tissé des liens très forts avec les créateurs contemporains de la région. A cette époque, ils s’appelaient Picasso ou encore Léger. Depuis, les liens ne se sont pas distendus. Grâce aussi à cette volonté de mettre en avant l’art et la culture dans le journal par de grandes pages d’analyses dédiées à des expositions ou des artistes. Le Patriote a toujours mis en avant la critique d’art et soutenu la création artistique. « Nous continuons ce travail au plus près de la création et des artistes qui nous soutiennent aussi, indique Julien Camy. Le Patriote se veut un regard pertinent sur la culture et refuse le copié-collé des dossiers de presse. Nous regardons et analysons toujours le fond et la forme, tentons de comprendre l’artiste et son œuvre. Nous ne voulons pas que ces pages servent juste à annoncer. Notre travail de journaliste culture est bien plus que cela, il est dans une proposition de réflexion. »
Depuis cette année, l’hebdo a innové en sortant deux hors-séries vendus à part du journal, sur papier glacé tout en couleur. Le premier autour des 50 ans du Musée national Fernand Léger de Biot et le deuxième autour des 150 ans de la réunion de Nice à la France. « Dans ce dernier, nous avons demandé à une quarantaine d’artistes de créer des œuvres autour de cet évènement. Nous en avons même fait une exposition visible jusqu’au 9 juillet*. » * A la galerie Espace à Vendre, 17, rue Smolett, à Nice.
Faustine Sappa
Focus Méditerranée : Portugal : les difficultés économiques vues par les médias
Le chapelet des mauvaises nouvelles s’est égrené durant des semaines à la une des journaux portugais. Et il semble que le mot austérité n’est pas près de quitter les gros titres d’une presse aussi choquée que son lectorat.
Pas de "scoop", juste l’énoncé des mesures plus ou moins attendues pour lutter contre le dérapage des comptes publics. Le quotidien Público, journal de référence, fidèle à lui-même, s’est montré souvent didactique : comment faire passer le message abscons des dérives de la spéculation, des baisses de notation
d’agence dont tout le monde ou presque ignorait l’existence, ou encore le jeu étrange de ces Européens pas si enthousiastes que ça à l’idée de venir en aide à la Grèce. Entre les lignes, le lecteur averti a pu souvent remarquer les effets de la « drôle de guerre » que se livrent ce journal et le premier ministre José Socrates. Le quotidien s’est à plusieurs reprises en effet retrouvé partagé entre son désir de manifester une solidarité de bon ton avec la nation portugaise attaquée de toutes parts, et son besoin de faire avancer les dossiers « tentatives de corruption » attachés aux basques du chef du gouvernement. En quelque sorte « pendant la crise, les attaques continuent » !
Traitement social de la crise
Il serait injuste de tirer un trait de démarcation entre la vision « économiste » véhiculée par le Público et celle « sociale » du Diário de Noticias, l’autre quotidien de référence au Portugal. Ce journal s’est lui aussi montré fidèle à sa ligne éditoriale, titrant très souvent sur des thèmes concernant la vie des portugais pouvant être affectés par les mesures d’austérité. « L’état finance les études d’un demi million d’enfants », « les finances limitent les augmentations dans la police », « les hôpitaux vont se serrer la ceinture ». Le message est clair : l’Etat est impuissant à limiter les effets de la crise chez les plus démunis. Sans surprise, l’alarmisme gagnait systématiquement un cran à la une des tabloïds. Pour le Correio da Manhã, populaire informatif, « les hôpitaux vont économiser sur la nourriture des malades », traduisant une dramatisation de la situation. Pour contrebalancer les effets d’alertes, les journaux proposaient et proposent encore de longues et fines analyses. Car la presse portugaise a cette particularité d’accorder toujours beaucoup de place aux articles d’opinions, aux chroniques d’analyse et aux billets d’humeur. Sans oublier les critiques des lecteurs et les réponses des "médiateurs", noble institution de la presse. C’est ainsi que l’on peut lire sur « la footbalisation des esprits » (Manuel Maria Carilho, ancien ministre de la culture PS), sur le « tumulte discursif » (sévère critique de la politique politicienne, Paquete de Oliveira, spécialiste des médias) ou encore « Le puits », analyse du sociologue Mário Contumélias pour illustrer l’augmentation du nombre de personnes poussées au bord du précipice. Pourtant on ne peut s’empêcher de lever un sourcil de circonspection à lire les analyses – par ailleurs pertinentes - d’un certain João Rendeiro. Un banquier qui fut récemment accusé d’avoir mené à la faillite la BPP, la Banque Privée Portugaise. Un « Madoff » taille portugaise invité à commenter les conséquences de la crise !
Marie-line Darcy
Traduction en français de l’article “Nicht jeder Türke wird als Soldat geboren”, rédigé par Elif Kayi le 28 février 2009 et publié dans le quotidien allemand Berliner Zeitung.
Dans ce pays fortement imprégné du culte militaire, le refus de se soumettre au service militare est un crime. Malgré cela, plusieurs centaines de milliers de Turcs s’y soustraient.
ISTANBUL. En cette saison, les touristes, en particulier les Anglais, sont de retour dans cette petite ville de la côté méditerranéenne turque. Les pluies d’hiver ont fait place aux beaux jours sur la côté et on se plait à flâner dans les petites rues. Seul le restaurant “Le Crétois” est fermé. Récemment, les gendarmes se sont présentés à deux reprises pour interpeller son gérant. Sans succès.
Prévenu par un ami, Kerem T. [nom d’emprunt] a décidé de se faire discret en attendant que les gendarmes veuillent bien l’oublier. C’est dans son petit appartement, à une centaine de mètres du bord de mer, qu’il se cache depuis deux semaines. Devant une tasse de café et un paquet de cigarettes qui diminue à vue d’œil, il raconte son histoire. “Ne croyez pas que mon cas soit unique”, commence Kerem. “D’après de nombreux sites Internet, nous sommes environ 500.000 et selon le gouvernement turc, beaucoup plus encore”. Kerem semble nerveux et reconnaît qu’il n’a presque pas dormi depuis deux semaines. Dix minutes se sont à peine écoulées qu’il allume déjà une troisième cigarette.
“J’ai 34 ans et je n’ai pas fait mon service militaire”. Dans un pays qui voue un véritable culte aux militaires, cela ressemble à un aveu coupable. Jusqu’à aujourd’hui la population perçoit Atatürk, Mustafa Kemal, fondateur en 1923 de la République de Turquie, avant tout comme un héroïque soldat. Tout Turc naît soldat. Bien qu’en légère perdition, ce dicton populaire reste connu de tous. Tout homme âgé de 19 à 40 ans doit effectuer son service, d’une durée de quinze mois en général.
Jusqu’à dix ans de prison
Kerem a les cheveux mi-longs et aime porter des chemises en coton indiennes qui lui donnent un air un peu hippie. Issu d’une famille modeste, il a grandi dans une petite ville au bord de la mer Marmara. Ses grands-parents musulmans étaient venus de Thessalonique et de Crère après que la Grèce et la Turquie aient signé la convention d’échange de populations en 1923. De là vient le nom que Kerem a donné à son restaurant : “le Crétois”.
“Avant je pensais finir mes études et faire l’armée, comme toute le monde. J’étais presque un peu nationaliste”, se souvient Kerem, amusé. Avant de partir faire des études de gestion à l’université de Bolu, dans le nord du pays, il ne connaissait presque rien à la politique. “Là, j’ai rencontré des camarades d’université qui m’ont ouvert les yeux sur les conflits politiques de ce pays. J’ai commencé à réfléchir sur l’Etat, le pouvoir militaire, le nationalisme, la question kurde et j’ai décidé de ne pas faire mon service militaire”.
Garants de la Constitution turque, les militaires ont toujours été extrêmement présents dans l’univers politique mais aussi dans la vie quotidienne du pays. Le dernier coup d’état militaire remonte seulement à 1980 et de nombreuses menaces de putsch ont été réitérées depuis. A cela s’ajoute une situation de guerre à la frontière avec l’Irak entre les forces armées turques et les fractions armées du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK). Les soldats turcs qui tombent lors d’affrontements sont fêtés comme de glorieux martyrs.
Les militaires turcs jouissent d’une aura et d’une protection indiscutables. Quiconque s’oppose ouvertement au service militaire tombe sous le coup de l’article 155 du code pénal turc. “Encourager le peuple contre l’armée”, c’est à dire toute sorte de propagande anti-militaire, est puni. Pour cela, on encourt de six mois à deux ans d’emprisonnement. Cette peine est multipliée par deux si l’acte est commis par le biais des médias.
Vivre en cachette
Osman Murat Ülke, premier Turc à avoir rendu publique son objection de conscience, est passé huit fois devant les tribunaux militaires entre 1995 et 1999 et a purgé en tout 701 jours de prison. Fin 2007, il recevait un nouveau courrier des autorités militaires lui signifiant qu’il devait effectuer une “peine restante” de 17 mois et 15 jours. En 2006, la Cour européenne des droits de l’Homme avait pourtant condamné la Turquie pour ses agissements à l’encontre de Osman Murat Ülke.
L’article 24 de la Constitution, qui consacre le droit à la liberté de conscience, ne concerne pas l’objection au service militaire. C’est ce qu’a rappelé la Cour constitutionnelle turque en 1991. Les objecteurs de conscience turcs sont peu nombreux. On estime leur nombre à environ soixante. Un rôle difficile à tenir, car, malgré les rappels à l’ordre de la communauté internationale et les rapports accablants, la Turquie refuse de reconnaître le statut d’objecteur de conscience. Dans un rapport publié en 2004 et rédigé par le deputé Suisse Dick Marty, le Conseil de l’Europe avait enjoint la Turquie de changer cette situation.
Tous n’affichent cependant pas publiquement leur opposition au service militaire, même s’ils y adhèrent. “Les personnes comme Osman Murat Ülke sont de véritables combattants des droits de l’homme”, explique Kerem. “Je suis anti-militariste, mais je n’ai ni le courage, ni la force de vivre sans arrêt entre la prison et les menaces. Alors je me cache”.
En turc, on fait une distinction entre les objecteurs de conscience, ouvertement déclarés, et ceux qu’on qualifie de “fugitifs”. Selon les estimations du Ministère de la défense, on compte environ 14 millions de Turcs en âge d’être soldats, c’est à dire ayant entre 19 et 40 ans. Parmi eux, il y aurait 7% de fugitifs, ce qui représente près d’un million de personnes. L’évasion est punie par l’article 63 du code pénal et les peines varient selon que le délit concerne un manquement à l’enregistrement auprès des autorités militaires, à l’examen médical, à l’enrôlement ou une désertion, allant d’un mois à dix ans de prison ferme.
“Mon cas est le fruit d’une négligence administrative”, continue Kerem, entre deux bouffées de cigarette. “En fait, pendant longtemps les autorités militaires semblaient m’avoir oublié et ne m’ont pas appelé. J’ai simplement essayé de faire profil bas et d’organiser mon quotidien de manière plus ou moins illégale. Mon restaurant, par exemple, est officiellement géré par un ami”. En Turquie, les autorités locales –la gendarmerie- sont le bras droit des militaires. Même lors de la délivrance du permis de conduire, on contrôle si le candidat a bien effectué son service. Cette situation contraint les fugitifs à vivre dans une sorte de clandestinité. Kerem vit depuis quelques années dans les environs d’une petite station balnéaire de la côte. Au début, il n’y avait pas de problèmes. “Mais c’est une petite ville”, confie Kerem. “De fil en aiguille, ma situation a été connue et les gendarmes ont fini par être au courant”.
Paradoxalement, de nombreux fugitifs voient dans la crise économique actuelle, qui se fait ressentir aussi en Turquie, une lueur d’espoir. Depuis l’automne dernier, la plupart des entreprises ont entrepris des procédures de licenciements massifs. Souvent ceux-ci ont lieu sans préavis, car la plupart des employés ne travaillent pas sous contrat écrit. Seuls peu d’entre eux perçoivent des indemnités de chômage. Ainsi de nombreux jeunes homes se portent candidats en tant que soldats professionnels. Au cours du seul mois dernier, plus d’un million d’hommes a déposé un dossier de candidature auprès des autorités militaires, soit une fois et demie la capacité de ces dernières.
La Constitution turque prévoit qu’en cas de sureffectif, les autorités puissant mettre en place une sorte de “service payant” : un certain nombre de jeunes hommes paient une somme d’argent et sont autorisés à faire un service militaire ramené à quatre semaines. La somme à payer est de 10.000 euros. C’est le parlement qui doit voter cette décision. Le premier décret est tombé sous le règne d’Atatürk en 1927. Dix autres ont été votés depuis.
En 1999, un décrêt a aussi été voté après le grave séisme en Turquie. Celui-ci visait à récolter rapidement des fonds pour l’Etat et concernait les homes âgés de 26 à 40 ans. Erkan B., un ami de Kerem, avait 30 ans à ce moment-là. “Je n’ai jamais pu imaginer aller à l’armée”, explique le jeune enseignant, originaire d’Ankara. “Je passe la majeure partie de ma vie dans les bibliothèques et au milieu de livres. Qu’est-ce que je ferais en uniforme ?” A la fin de ses études, il devait pourtant trouver une solution. “J’ai même songé partir à l’étranger –bien que j’aime beaucoup vivre en Turquie”. Pour les Turcs résidant et travaillant à l’étranger, le service militaire payant est toujours possible, à hauteur d’un peu plus de 5.000 euros. “Le tremblement de terre était terrible, plus de 40.000 personnes y ont perdu la vie. Mais le décrêt qui l’a suivi a pour moi été une véritable aubaine”, explique Erkan.
Kerem, lui, avait 25 ans à cette époque. “Un an trop jeune”, dit-il. “Depuis, j’attends le prochain décrêt. Avec les sureffectifs et la crise économique, le parlement devrait bientôt se décider”.
Sur de nombreux blogs, les discussions fleurissent entre les fugitifs, lassés de devoir se cacher et désireux de sortir de l’ombre. “S’il ne sort pas cette année, le service payant, quand est-ce qu’il sortira ? Il doit sortir !”, commente un internaute sur le blog bedelliaskerlikistiyorum.com (je veux un service militaire payant). Un autre écrit que les fugitifs qui sont arrêtés sont envoyés sur le front du sud-est, à la frontière irakienne, pour les punir. Sur un autre site, on peut lire que les fugitifs risqueraient trois ans de prison s’ils ne se manifestent pas auprès des autorités avant le 13 mai prochain.
A partir de 35 ans pas de port d’arme
Tous ceux qui discutent sur Internet ne trouvent cependant pas juste le système du service payant, qui au final, favorisent ceux qui peuvent payer. Quand on sait que le salaire moyen turc dépasse difficilement les 400 euros mensuels, 10.000 euros paraissent énormes. Pour Kerem T., la question est cependant vite réglée. “Bien sûr que c’est un système injuste et discriminatoire. La Turquie devrait reconnaître le statut d’objecteur de conscience. Mais personnellement, tant que celui-ci n’existe pas, je préfère payer, quitte à m’endetter”.
Il n’est cependant pas certain que Kerem T. pourra faire usage de cette possibilité. A l’heure actuelle, les militaires et le parlement discutent d’une possible reduction de la durée du service, le faisant passer de quinze à douze mois. “J’en ai assez de jouer au chat et à la souris”, lâche Kerem. “Si le parlement ne prend pas une decision d’ici le mois de décembre, je me présenterai aux militaires”. Pourquoi décembre ? “Parce qu’alors, j’aurai trente-cinq ans”, explique-t’il. “A partir de cet âge, les recrues ne touchent pas aux armes. Au mois, je n’aurai pas à tenir un fusil dans mes mains.”
InterMed
Lire Intermed en ligne
Télécharger le format pdf
L'édito du président
"Un bon dessin vaut mieux qu’un long discours", dit-on. Le dossier d’Intermed consacré au dessin de Presse vient le rappeler. Au-delà des plans, diagrammes et croquis, nécessaires mais sans âme, nous avons voulu rendre hommage à ceux qui nous permettent, avec l’humour en prime, de comprendre un problème ou d’appréhender une situation d’un seul coup d’œil....
lire la suite


